mercredi 15 octobre 2014

Des noeuds d'acier de Sandrine Collette

Avril 2001. Dans la cave d'une ferme miteuse, au creux d'une vallée isolée couverte d'une forêt noire et dense, un homme est enchaîné. Il s'appelle Théo, il a quarante ans, il a été capturé par deux vieillards qui veulent faire de lui leur esclave.
Comment Théo a-t-il basculé dans cet univers au bord de la démence ? Il n'a pourtant rien d'une proie facile : athlétique et brutal, il sortait de prison quand ces deux vieux fous l'ont piégé au fond des bois. Les ennuis, il en a vu d'autres. Alors, allongé contre les pierres suintantes de la cave, battu, privé d'eau et de nourriture, il refuse de croire à ce cauchemar. Il a résisté à la prison, il se jure d'échapper à ses geôliers.
Mais qui pourrait sortir de ce huis clos sauvage d'où toute humanité a disparu ? Site des Éditions Denoël

Sandrine Collette @Didi QDP Lyon 2013
Mon avis : 

Non, non, non, ce livre ne provient pas d'un achat avec Didicace lors du Quai du Polar lyonnais session 2013. Ce jour là, j'ai en effet vu l'auteur mais je me suis contentée de lui dire que j'allais bientôt la lire et que ma sœur qui elle l'avait lu, avait beaucoup aimé. 

Oui, ma sœur est une grande lectrice et on se prête mutuellement les livres qui nous on plu. On se conseille, on en discute. A chaque fois que je vais chez elle j'adore regarder sa bibliothèque ! Un régal, sachant que tous ses livres, je peux les lui emprunter sans aucun problème.

Mais encore une fois me voilà bien bavarde et vous lecteurs attendez mon avis ;-)

Je peux dire que j'ai été happée par cette histoire. Elle m'a laissé sans souffle !

J'ai lu ce livre en très peu de temps, lecture dans le train mon rythme est soutenu et le train est vraiment propice à la lecture. D'ailleurs le soir je suis tellement naze en ce moment que je lis très peu avant de m'endormir en plein milieu d'une page....

Dans le train je pressais parfois ma lecture et pestais quand ma station arrivait sachant que je devais alors attendre la fin de ma journée pour reprendre ma lecture dans le train du soir. J'ai volontairement fait en sorte d'être tranquille, seule avec mon livre. 

Sandrine Collette sait très bien captiver son lecteur, l'accrocher, le cadenasser.

Nous vivons avec effroi l'horreur de la détention de Théo, avec impuissance et nous frémissons. 

On espère un peu à mi parcours du livre ... Mais la lectrice que je suis, s'est vite rendue compte que le livre était loin d'être fini et qu'il était sans doute inutile d'espérer une quelconque évasion.... Rhhhaaa !!!!

Esclavage, séquestration, déchéance, folie, rien, non rien ne nous est épargné, on ramasse comme Théo !!!

On s'attache à Théo, on espère pour lui, on a peur...

Sandrine Collette nous offre une très bonne description de la déchéance physique et de la solidarité dans les épreuves entre les deux hommes séquestrés.

Présenté comme un fait divers réel, cette histoire n'est vrai que dans le livre, pour la fiction, c'est un peu rassurant quand on aime se promener seul dans les bois, n'est-ce pas chers amis  ?...

Un huis clos effrayant,
 des personnages attachants et attachés : Luc et Théo 
mais aussi, et surtout, des bourreaux 
complètement frapadingues, dérangés et dérangeants !

Ce livre sur la captivité a su m'attraper pour ne plus me lâcher !
 Je vous invite à vous laisser captiver vous aussi, pour le pire ... et le pire !  


tous les livres sur Babelio.com

Quant à moi je vais continuer ma rencontre avec Sandrine Collette, 
et oui ma sœur à également le dernier "Un vent de cendres " 
qu'elle va me prêter ! Merci ma grande sœur !


   

mercredi 8 octobre 2014

Zola Jackson de Gilles Leroy

Août 2005, delta du Mississippi : l'ouragan Katrina s'abat sur La Nouvelle-Orléans. Les digues cèdent sur le lac Pontchartrain et les quartiers modestes sont engloutis. La catastrophe touche de plein fouet la communauté noire. Tandis que ses voisins attendent des secours qui mettront des jours à arriver, l'institutrice Zola Jackson s'organise chez elle pour sa survie. L'eau continue de monter, inexorablement. Du ciel, les hélicoptères des télévisions filment la mort en direct. Réfugiée dans le grenier avec sa chienne Lady, Zola n'a peut-être pas dit son dernier mot. Sous la plume de Gilles Leroy, Zola Jackson, femme de trempe et mère émouvante, rejoint le cercle des grandes héroïnes romanesques.

Mon avis :

Lors de mes vacances dans le Médoc en gîte, le propriétaire a eu la bonne idée de mettre à disposition une bibliothèque. Avec pas mal de classique et des romans plus contemporains.

J'ai ainsi trouvé Zola Jackson que j'avais envie de lire depuis longtemps. Un petit livre, parfait pour pouvoir le laisser dans la bibliothèque lors de mon départ. 

Problème de TV au gîte qu'à cela ne tienne j'ai beaucoup lu et nous avons eu un coffret de 3 bouteilles de vins du Médoc pour l'embêtement causé. Hihihihhi, nous la TV on la regarde que très peu.  Merci au propriétaire pour ses gentilles intentions ( ou attentions je ne sais plus...)

Cette lecture a été rapide, je l'ai lu en deux jours !!! 

Zola est une femme noire du Mississippi, elle vit seule dans une maison qui va subir l'ouragan Katrina.

A travers son calvaire (Zola ne voulant pas quitter  sa maison), Zola va nous raconter sa vie, et quelle vie elle nous trace !!! Remplie de difficultés et de malgré tout de quelques joies.... 

On devine que cette femme est forte, c'est une battante. Mais a-t-elle encore des raisons de vivre ? ....   

Ce livre m'a bousculé, il est très fort. Il est certes pas long, mais c'est un véritable condensé d'émotions et de sensations. 

Gilles Leroy nous décrit à travers cette femme non seulement sa vie mais la survie lors de l'épisode de l'ouragan. La vie de cette femme étant remplie de tempêtes ...
J'ai aimé le lire même s' il est dur... 

Je me prends alors à penser à cette femme très forte dans la douleur avec respect et empathie. 


Je vous note quelques extraits parlants quant à l'écriture de Gilles Leroy que j'apprécie. (2ème roman de cet auteur après Alabama song) et deuxième portrait de femme par un auteur masculin.

Sur la description de l'ouragan

" Au petit matin (on ne peut pas parler d'aurore, non), les vents fléchirent un peu, le bruit de casse s'étouffe un peu et l'onde est arrivée pour finir, à laquelle on aurait cru pouvoir échapper. C'était comme un théâtre, un représentation où il faut une pause entre deux tableaux, deux actes un silence puis le mouvement reprend, la tragédie veut son terme et la terreur revient sous une autre forme. "

Sur Zola qui pense à son fils qu'elle a perdu

" Mon enfant, on dirait que c'est l'heure. L'heure de te rejoindre et je ne l'ai pas volée. Ça fait peur, ça fait un bien fou.
Délivre moi mon fils, délivre moi du mal, délivre moi de mes péchés, libère moi de la peur, pardonne la bêtise, pardonne la jalousie, délivre moi du poinçon de haine, délivre moi du goût amer des passions tristes, délivre moi de ton amour pour toi, délivre moi. "

Une lecture qui claque comme le vent lors d'une tempête

Un ouragan d'émotions et un très beau portrait de femme.

Zola Jackson un roman à lire,  assurément !


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dimanche 5 octobre 2014

Pour notre ami Andréa

Chanson des escargots qui vont à l'enterrement

A l'enterrement d'une feuille morte
Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le noir
Un très beau soir d'automne
Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le cœur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l’œil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un très joli soir
Un joli soir d'été
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

Jacques PRÉVERT, Paroles (1945)




dimanche 28 septembre 2014

Train Train de lectures !

Nouvelle rubrique dans mon blog concernant mes lectures dans le train.


Il faut dire que deux fois 35 minutes de trajets dans la journée sur 5 jours sur 7 j'ai de quoi me faire plaisir !

Deux livres et une BD en un peu moins d'un mois c'est pas mal non ? 

Transatlantic  de Colum McCann 

 


 Les vieux fourneaux Tome 1 ceux qui restent de Lupano  et Cauuet



Des nœuds d'acier de Sandrine Collette

 

Reste que le rythme de mes publications devrait lui aussi suivre mais j'avoue j'ai en ce moment un petit coup de mou et puis en ce mois de septembre j'ai besoin de me déconnecter parfois de l'ordinateur qui occupe énormément mes journées de travail... Je suis également en retard sur les billets de mes lectures estivales... 

Mais plutôt que de procrastiner encore une fois je vais vous parler du livre Transatlantic de Colley Mc Collum !

On m'a prêté ce livre (Merci Elsa ;-) qui est une épreuve non corrigée de ce livre. Le livre avant sa parution en somme. Savoir ce qui est changé ou pas ? Pas moyen de s'en rendre compte pour ma part n'ayant pas le livre édité au final.

J'avais très envie de découvrir cet auteur mais ce n'était pas ce livre qui m'attirait à la base mais  celui dont j'aime le titre : "Et que le vaste monde poursuive sa course folle "


Découvrir cet auteur sur Babelio.com


Etats-Unis et Irlande, de 1845 à 2011
1919. Aviateurs vétérans de la Grande Guerre, Jack Alcock et Teddy Brown s’apprêtent à un nouveau défi : de Terre-Neuve jusqu’en Irlande, effectuer le premier vol transatlantique sans escale de l’Histoire.
Leurs voisines de chambre, Emily Ehrlich, pétulante journaliste, et sa fille Lottie, leur confient une lettre à l’attention de leur famille installée à Cork.
1845. Esclave affranchi, Frederick Douglass répond à l’invitation de son éditeur pour présenter ses Mémoires et traverse l’Atlantique pour arriver dans une Irlande frappée par la Grande Famine.
Lily Duggan, une jeune bonne sera marquée à vie par sa rencontre avec cet homme extraordinaire.
1998. New York-Londres-Belfast-Dublin-Washington-New York : observateur du processus de paix en Irlande du Nord, le Sénateur Mitchell passe sa vie dans les airs. Pour égayer son existence monotone, il se raccroche à certains petits moments de grâce. Comme sa rencontre avec cette femme malicieuse de 96 ans, Lottie.
1863. Inspirée par Douglass, Lily Duggan est partie et a refait sa vie dans le Missouri. Mais un drame va venir frapper son foyer. De ses six enfants, seule une fille survivra, Emily.
1929. Dix ans après le vol d’Alcock et Brown, Emily et Lottie, refont la traversée sur les traces des deux héros aviateurs. Brown leur remet la lettre qu’il avait soigneusement conservée.
2011. Dans une Irlande en pleine crise, Hannah, quadra solitaire, croule sous les dettes. Et si la lettre de sa grand-mère, rédigée un siècle plus tôt, pouvait lui sauver la vie ?

Je suis rentrée dans le livre sans savoir vraiment à quoi m'attendre... je n'avais même pas lu la quatrième de couverture et j'étais plus curieuse de la plume de l'auteur.

Les premiers chapitres ne m'ont pas tout de suite plus éclairés ... Les chapitres se découpent et nous présentent différents personnages et différentes unités de temps...

Alors que je pensais m'accrocher aux deux personnages du début, les deux aviateurs Alcock et Brown j'ai du les abandonner très rapidement pour faire un saut dans la passé et découvrir d'autres personnages. 

Oui le lien se situe entre l'Amérique et L'Irlande, enfin les liens. Mais les liens entre les personnages via l'histoire me semblent assez ténus... Et je n'ai pas su les rassembler vraiment. Me donnant le sentiment d'un livre trop découpé...

J'aurais préféré me poser sur l'histoire de certains des personnages de ce mixage temporel... Pour plus m'y attacher ...

Question écriture j'ai eu beaucoup de mal également surtout sur les parties concernant l'époque actuelle et le personnage du sénateur Mitchell.... Des phrases saccadées, entêtantes et sans respiration... Parfois sans verbe ... Du coup je n'ai pas aimé cette partie du livre et j'ai soupiré et presque laissé tomber et puis... On repasse à une autre époque avec d'autres personnages...

L'Irlande est au cœur de ce livre mais l'auteur oublie que tous ses lecteurs ne sont pas des fins connaisseurs de l'histoire géopolitique de son pays ... Et j'ai eu l'impression de ne rien comprendre, enfin, qu'il me manquait des éléments d'informations importants.

Une lecture plus qu'en demi teinte... De plus pas du tout réjouissante ni joyeuse...  Pas d'humour, beaucoup de misère et une écriture un peu trop sèche à mon goût...

J'essayerais à l'occasion le livre de l'auteur  qui me tentait au départ : Et que le vaste monde poursuive sa course folle ...

Et vous avez vous des conseils de lecture de cet auteur ? Et si vous avez lu celui-ci l'avez vous aimé ? 

Demain c'est lundi et je repars en lecture pour mon train train quotidien ! 
Je n'ai pas encore choisi mon livre 
mais j'ai retrouvé un des cartons de ma PAL, alors j'ai le choix ! 

@didi aube de septembre 2014 depuis le train


mardi 23 septembre 2014

L'aube est moins claire de Victor Hugo

L’aube est moins claire, l’air moins chaud, le ciel moins pur ;
Le soir brumeux ternit les astres de l’azur.
Les longs jours sont passés ;
 les mois charmants finissent.
Hélas ! voici déjà les arbres qui jaunissent !  
Comme le temps s’en va d’un pas précipité !
Il semble que nos yeux, qu’éblouissait l’été,
Ont à peine eu le temps de voir les feuilles vertes.
Pour qui vit comme moi les fenêtres ouvertes,
L’automne est triste avec sa bise et son brouillard,  
Et l’été qui s’enfuit est un ami qui part.
Adieu, dit cette voix qui dans notre âme pleure, Adieu, ciel bleu ! 
beau ciel qu’un souffle tiède effleure !
Voluptés du grand air, bruit d’ailes dans les bois,
  Promenades, ravins pleins de lointaines voix,
Fleurs, bonheur innocent des âmes apaisées,  
Adieu, rayonnements ! aubes ! chansons ! rosées !
Puis tout bas on ajoute : ô jours bénis et doux ! Hélas ! 
vous reviendrez ! me retrouverez-vous ?

 Victor Hugo

 

un automne dans le Périgord @Didi2012



samedi 13 septembre 2014

Du domaine des murmures de Carole Martinez





Collection Blanche, Gallimard

Parution : 18-08-2011



J'ai acheté ce livre lors de la fête du livre de Saint-Etienne le 15 octobre 2011 et dédicacé pour mon plus grand plaisir. J'espère avoir l'occasion de revoir cette auteure qui m'a charmée sur ses deux livres : Le cœur cousu et celui-ci : Du domaine des murmures que j'ai lu cet été dans le Médoc dans le beau jardin du gîte.

Vous pouvez retrouver mes billets en cliquant sur les liens notamment celui sur Le cœur cousu ♥

Carole Martinez octobre 2011 @Didi
@ma Didicace !
J'ai fait patienter ce livre trop longtemps et cet été j'ai repensé à lui en me disant que si je retrouvais l'écriture de Carole Martinez je serais enchantée et que j'avais envie de ça pour les vacances.

Du domaine des murmures est un livre précieux, un livre comme un murmure. Le murmure d'une femme, Esclarmonde qui a décidé de se faire emmurer pour échapper à sa condition de femme et se donner à Dieu.

" Je voyagerais dans un réduit de pierre "

Une belle lecture comme un conte à déclamer à haute voix ! 

Une parole féminine qui s'élève avec force dans un monde (celui du moyen-âge) où le masculin trône, décide et tue !

Une très belle ode aux femmes. Décidément Carole Martinez  sait se faire la porte parole des femmes. Encore de beaux portraits féminins comme dans le cœur cousu !

La façon de voir la maternité est intéressante et j'ai trouvé originale, l'idée de l'auteur concernant la Vierge Marie : Elle considère la vierge comme la part féminine du Christ. 

J'ai vraiment aimé, j'aimerais vous le lire à haute voix car j'ai aimé la musicalité de ce texte.
" Non, ce lieu est tissé de murmures, de filets de voix entrelacées et si vieilles qu'il faut tendre l'oreille pour les percevoir. De mots jamais inscrits, mais noués les uns aux autres et qui s'étirent comme un chuintement doux. "
Carole Martinez vous êtes adorable et j'espère vous revoir pour vous dire à quel point j'ai aimé vos deux livres. Et puis j'espère également que lors de ma prochaine rencontre avec vous, j'aurais à nouveau de quoi lire.

Quant à vous chers visiteurs de ce blog quelque peu endormi, 
je ne peux que vous murmurer à l'oreille : 
"Lisez ce livre et partez avec Esclarmonde dans ce domaine des murmures"