mercredi 20 mai 2015

Croquis et cadeaux


Elle est belle ma lettre colis que j'ai reçu de la part d'Aurélie Pédrajas !


J'ai participé à un petit concours où elle nous proposait de lui donner des idées pour un dessin participatif.




J'ai eu un très joli lot avec des dessins dont un original, des cartes postales, un carnet de notes et un poster. Tout ceci dans une belle enveloppe, elle-même dessinée par les soins d'Aurélie. 



Je suis son blog : Les Tribulations d'une Globe-croqueuse, depuis que je l'ai rencontrée à un atelier de carnet de voyage au Festival Curieux Voyageurs !


N'hésitez pas à visiter son site et si vous êtes disponibles et intéressés, Aurélie anime très souvent différents ateliers à travers la France. Il y a des ateliers en juin 2015 prévus : VOIR ICI

Merci Aurélie pour ta gentillesse 
et ton talent créatif !



samedi 16 mai 2015

Nouvelle pensionnaire : Une brassia


Je voulais juste vous montrer ma dernière arrivée chez moi. 

Il s'agit d'une orchidée c'est une Brassia.


Elle m'a tout de suite plu et je me suis dit que ça me changerait
des Phalaenopsis que j'aime également beaucoup 
(j'en ai 5 dont deux en fleurs et un en repousse !). 



Je ne sais pas si j'arriverais à la faire refleurir 
mais là je profite de sa beauté et de son parfum !

Je profite également de mon jardin 
et d'un potager que je commence tout simplement
grâce aux conseils avisés des jardiniers dans ma famille.

Bientôt des salades, des fraises, puis des tomates, des aubergines, des radis, des pommes de terres, des framboisiers, des courgettes, des potimarrons et aussi des herbes aromatiques !


Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles, 
si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !

dimanche 10 mai 2015

Le bateau de fortune d'Olivier Solminihac et Stéphane Poulin




Rêverie et jeux merveilleux sur la plage !
Aujourd’hui, c’est l’été. Michao emmène à la plage Marguerite la chevrette et son ami le renardeau. Qui verra la mer le premier ? Mais arrivés sur place, ils s’aperçoivent qu’ils ont oublié pelles, seaux, ballons, maillots de bain ! Que faire, sinon rêver… et construire un bateau de fortune avec trois fois rien, puis le pousser vers l’horizon, loin, loin aussi loin que dans leurs rêves les plus fous ! Il faut « imaginer » , conclut Michao.


Les Éditions SARBACANE et Babelio m'ont fait encore un très joli cadeau 
avec cet album jeunesse au doux parfum de l'enfance ! 

Masse critique jeunesse sur Babelio, j'ai tenté ma chance. Grande enfant friande de belles illustrations je reste. Alors quel bonheur de retomber en enfance.


Le texte d'Olivier Solminihac est très épuré et simple quelques lignes de textes sur de grands dessins. Il laisse la place à l'imagination et à l'évasion qui émanent de cet album.

Comment les petits enfants s’immisceront dans ce texte ? Je ne le sais pas ... 
Ne connaissant pas d'enfant de l'âge que je pense cible pour cet album, je vais  le garder pour moi dans ma bibliothèque de belles illustrations, pour le raconter à qui voudra.  
Il y a Micheo le gros ours au cœur tendre. Il y a Marguerite une belle chèvre et le narrateur de l'histoire le petit renard à qui il n'est pas donné de nom ... (dommage selon moi car difficile pour un enfant de s'incarner dans le narrateur...)



Je me suis par contre, pour ma part, totalement immergée dans cette univers de couleurs, de rondeurs et de lumières de Stéphane Poulin.Un enchantement ! De vraies peintures, on sent le vent, l'herbe, le sable et les embruns et on a envie de partir à l'océan !

Découvrir cet auteur sur Babelio.com


Un bel album à partager, un bel objet aussi, 
grand format et qualités de l'impression et du papier excellentes.

Un bel album à découvrir pour ouvrir l'imagination, quant à moi je ne manquerais pas de découvrir plus avant le talent de l'illustrateur notamment avec "Au pays de la mémoire blanche " qui me tente beaucoup.

Avec une très belle citation au début de l'album 

" Il me semble n'avoir été qu'un enfant jouant sur le rivage, réjoui de trouver de temps à autre, un galet plus poli, un plus joli coquillage qu'à l'ordinaire, tandis que le vaste océan de la vérité s’étendait devant moi, inconnue. " Isaac Newton
 
Merci encore aux Editions Sarbacane et aussi à Babelio ! 




Il y a des amis qui ont lu cet album :
Syl et Jérôme qui ont été charmés ! 







vendredi 8 mai 2015

Karoo de Steve Tesich

Égoïste et cynique, Saul Karoo ment comme il respire et noie ses névroses familiales dans la vodka. Son métier, script doctor, consiste à dénaturer des chefs-d’œuvre pour les aligner sur les canons hollywoodiens. Quand sa carrière croise celle de Leila Millar, une jeune actrice médiocre, il décide contre toute attente de la prendre sous son aile. Car ils sont liés par un secret inavouable…

Né en ex-Yougoslavie en 1942, Steve Tesich a grandi aux États-Unis, où il est devenu dramaturge et scénariste. Karoo est son second et dernier roman, achevé quelques jours avant sa mort brutale en 1996.


Mon avis : 

Livre qui se trouvait dans ma PAL depuis que les éditions Points l'avaient édité en version poche.

Un livre à la couverture brillante, or ... Tout ce qui ne brille n'est pas d'or dit-on ... 

Un livre sur les apparences que l'on essaye de garder ...

Ce livre j'en avais glané moult avis enthousiastes et je le gardais dans un coin de ma mémoire, je me permet de faire un petit clin d’œil à In Cold Blog qui avait fort bien mis en avant ce livre ! Hélas je ne peux même pas mettre le lien car le blog n'existe plus ... Je suis déjà triste de ne plus pouvoir le lire mais j'avoue que l'effacement de toutes traces de son existence me mine un peu... In Cold Blog si tu me lis ??? Tu me manques ...

 Un livre démesuré sans doute comme son personnage principal je dirais. Tout en excès. 

593 pages sur Saul Karoo ! Quel livre ! Et surtout quel personnage !

Nous nous retrouvons dans sa tête et nous découvrons très vite sa personnalité bien particulière. Saul se ment à lui même ... Sa vie est faite de mensonge. Il ne prends jamais réellement sa place dans sa vie... Pour sauver les apparences il est plus facile de faire semblant et de faire pour les autres, de se cacher de la vraie vie....

Il tente alors de refaire sa vie comme il refait les scénarios des films qu'il manipule avec son "talent"  de script doctor. On le surnomme Doctor Karoo. 

Il compose, et décompose, jusqu'à se perdre lui-même.

On sourit, on se marre et on se perds avec lui....

Et puis on se dit, Oh Saul !!!! On se prends d'affection et on a envie qu'il stop tout qu'il arrête de se mentir qu'il vive sa vie !!!!

On a envie qu'il se réveille de  son apathie, qu'il prenne les bonnes directions...

Mais hélas la vie à ses revers qui font que l'on ne peut rebrousser chemin. On doit vivre avec le poids de ses choix ou non choix et ceux parfois cruels de sa destinée.

Emballée et embarquée totalement par les 4 premières parties de ce livre (qui en compte 5) j'avoue avoir eu du mal avec cette dernière partie. Mais au fond tout comme Saul Karoo finalement...

Si dans les 4 premières parties du livre nous sommes dans la tête de Karoo avec toutes ses tergiversations ( et elles sont nombreuses) la dernière partie n'est plus à l'intérieur de ce personnage. C'est terriblement bien trouvé car Saul perds pieds  et ne "maîtrise" plus rien de son histoire et des histoires des autres... Il ne se reconnaît d'ailleurs plus lui même... Plus je pense à cette distance dans la narration plus je la trouve géniale !

"Tant de vies (comme narrait le narrateur à la troisième personne en moi) avaient été sacrifiées au fil des années au nom de l'Art, qu'il était grand temps pour l'Art d'être sacrifié au nom de la vie de quelqu'un. " p 286

Nous devenons avec Karoo les observateurs de sa vie. Pour un constat cuisant et une fin comme toute vie ! 

Je ne vous ai pas parlé des autres personnages de ce livre mais c'est parce que Saul Karoo est le centre de leurs vies à eux ... Nous les connaissons peu finalement, tout comme Karoo... 

Leila et Billy les personnages secondaires de la vie de Karoo... Qui sont pourtant " les essentiels " de son histoire ...

Il n'y a peut être que son ex femme Dianah qui est un peu comme nous les lecteurs à vouloir secouer Saul et aussi Cromwell qui représente à lui seul le monde particulier du cinéma dans ce qu'il a de plus superficiel et mercantile.

Un livre qui restera dans ma mémoire de lectrice longtemps ! Un sacré personnage ! 

Sans nul doute l'auteur c'est fortement livré dans ce roman. Hélas il ne peut nous en parler, il est décédé peu de temps après avoir écrit ce livre.


Je ne peux que vous conseiller cette lecture qui
vous bousculera, vous choquera, vous hébétera et vous énervera peut être...

Faites vous votre propre avis et faites connaissance avec Karoo !


" C'est une nouvelle maladie que j'ai attrapée. Je ne saurais comment l'appeler. on pourrait l'appeler soit la maladie de l'objectivité, soit la maladie de la subjectivité, ça dépend de votre point de vie. Mais les symptômes restent les mêmes.
Malgré mon égocentrisme écœurant, mon ego semble d'échapper assez facilement. J'ai beau faire je suis incapable de demeurer subjectif sur quoi que ce soit pendant très longtemps. une heure, ou un jour, deux jours et mieux, et ma subjectivité me quitte, et je commence à observer l'évènement depuis un point de vue tout à fait différent. Je ne le fais pas exprès. mon esprit change de point de vue et se met en orbite autour de l'évènement. " p 73

vendredi 1 mai 2015

Un océan d'amour de Lupano et Panacionne


Avis en retard !!!! Place à mon avis en retard !!!! Viiiitttteeeee !!!!!


 
Prochaines étapes :

-  Prenez beaucoup de plaisir à lire votre BD :)

-  Rédigez votre critique sur votre blog. N’oubliez pas de mentionner que vous participez à La BD fait son Festival sur Priceminister dans votre article.

-  Puis rendez-vous sur  ce formulaire avant le 15 avril  pour nous faire parvenir votre critique plus la note que vous attribuez à la BD. Celle-ci nous permettra d’établir le classement par satisfaction et de désigner la BD gagnante.

Si vous le souhaitez vous pouvez également partager votre critique et note dans les commentaires de notre blog pour en discuter entre vous par ici -> blog PriceMinister ou sur Twitter (#1blog1bd).

-   Dés que nous aurons compilé vos notes et lu vos critiques nous publierons les résultats des matchs dans un nouvel article sur notre blog.


Merci beaucoup et bonne lecture !

Juan Luis



Nous sommes déjà le premier mai !!! 
Je vous souhaite 
tout le bonheur du monde 
en clochettes chers tous !


Je présente mes excuses à Price Minister et à Juan Luis le gentil organisateur de ce festival de la BD auquel je participe ! Et je vous dit merci, merci pour cette lecture dans le cadre de votre festival BD !

Voici ma BD :


Et comme il vaut mieux tard que jamais et que j'espère pouvoir déposer mon avis sur le formulaire je me lance dans cet océan d'amour !

Lancée à l'eau dans la lecture de cette jolie BD garantie sans paroles outre quelques idéogrammes, j'avoue que je ne savais si je saurais nager facilement et si j'attendrais la rive de la fin de cette histoire.

Et bien oui, je dis mille fois oui, je suis rentrée dans cette histoire, comme une sarndrine pêchée au filet dérivant. 

Nous voici en Bretagne, dans le maison d'un couple où le mari est pêcheur. Le mari de Maria (enfin je suppose que la dame Bigouden s'appelle Maria comme le bateau de pêche de son mari  ...) ce petit binoclard chétif part pour sa saison de pêche à la sardine ! C'est le quotidien de ce couple traditionnel breton. Le folklore est installé !

Le petit pécheur de mari part donc, et cette saison va vite tourner à la cata' ! Pris dès le départ dans les mailles d'un filet d'un bateau usine, le petit pêcheur va devoir se débrouiller seul face à l'immensité de l'océan. 

Rien ne lui sera épargné, le bateau usine si gros que toute tentative de se faire entendre est vain ... et le petit pêcheur va se sacrifier et faire rentrer sur le canot de fortune son compagnon.  

S'en suis moult péripéties qui font de l'océan un monde à la dérive ... 

Bateau usine gigantissime et impersonnel, pirates des mers et leurs guerres loin de tout, cargos aux capitaines complètement bourrés qui provoquent des marées noires, océan de détritus qui flotte au milieu de nul part ... L'océan est bien malmené...

Le petit pêcheur (pour qui je n'arrive pas à donné un prénom...) devra être fort, il est désormais seul devant l'immensité et les excès de l'océan et de ceux qui l'utilisent comme un territoire à eux sans foi ni loi ! 

Mais il n'est pas si seul car vient dans cette histoire La mouette ! Oui oui une mouette qui va elle aussi s'attacher pour sa survie à ce petit bateau et son petit pêcheur ! 

J'ai adoré ce duo, il met de l'humour et de la vie dans ce monde sans pitié ! 

Les mimiques de la Mouette sont excellentes ! Elle m'a fait penser à la mouette de Gaston Lagaffe !

Dame Bigouden quant à elle, attends son homme mais il ne revient plus .... Serait-ce un coup du sort ... Deviendra-t-elle une veuve épleurée comme toutes ces femmes aux maris noyés ??? Elle ne veut s'y résoudre et alors que l'équipier de son mari arrive au port dans son canot de sauvetage, Maria va tenter le tout pour le tout. Ainsi suite aux explications de l'équipier elle va à la capitainerie pour rentrer en contact avec le bateau usine.... Hélas, non le petit bateau du petit pêcheur n'est pas accroché au filet du géant....

Qu'à cela ne tienne, elle va retrouver son mari grâce à une voyante bretonne qui lit l'avenir dans les crêpes ! 

Che Guevara apparaît alors !!! Direction Cuba !!!! Mais attention pas en avion mais en paquebot de croisière !!!! Oui Dame Bigouden préfère la mer aux airs !  Je ne l'en blâme pas....

Dame Bigouden ne se laisse pas abattre et la croisière sera l'occasion pour elle de promouvoir ses traditions et savoirs faire Bretons ! Place aux crêpes, à la dentelle  !!!! 

J'adore la modernité qui rencontre les traditions ! Elle devient vite au centre des intérêts des croisiéristes ! 

Arrivée à Cuba à la recherche de son mari perdu, elle va vite se heurter à ce monde particulier cubain ... Fidel Castro la fait emprisonner ... 

Enfermée puis assez vite libérée grâce à sa notoriété acquise lors de la croisière transatlantique.

Elle va pouvoir revenir au pays là où sa moitié à réussi à revenir sain et sauf !!!

Retour dans les airs avec une bonne bouteille de champagne pour faire passer la peur !
Traverser l'océan de part en part et se retrouver chez soi ensemble, voilà une jolie fin ! 

Les dessins sont très beaux, les personnages très expressifs (tous les personnages aussi bien les principaux protagonistes que la Mouette ). 

La mise en page est très intéressante et bien trouvée !! On navigue entre des planches très découpées à des pleines pages pour l'immensité ! 

De l'ombre, de la lumière, des dessins en ombres chinoises ....

De l'humour de la tradition, de la modernité croisant l'authentique ! 

La Bretagne et Cuba !

Tous les ingrédients de cette BD m'ont plus ! Une belle réussite, un plaisir de lecture et une grande joie d'avoir cet album pour moi. 

Vive la bretagne 
Viva Cuba 
Vive l'océan
et vive l'amour !



Bon, c'est pas tout, mais moi j'ai bien envie d'un Mojito et d'une crêpe aux langoustes  maintenant ... 

Je me rends compte que je vous ai tout raconté ... Mais finalement j'ai décidé de ne pas vous mettre de photo de cette BD (outre la couverture ) et je vous invite ici à la lire et vous laisser embarquer dans les mots qui vous seront dictés à travers les dessins.

Une note pour cette BD :
Une bonne note !! 
19/20



lundi 27 avril 2015

A travers les champs bleus de Claire keegan


Récidivant dans l'art délicat du clair-obscur, Claire Keegan raconte huit destins sur le fil. Solitudes, joug des traditions, amours impossibles ou interdites, rivalités, adieux... Autant d'instants sur le point de basculer et de personnages aux prises avec leurs propres failles, au cœur d'une nature sauvage et silencieuse ou chaque éclat de vie, saisie sur le vif, entre en résonance. SOURCE Éditions 10-18
Mon avis :

Belle couverture, éditions 10-18 que j'aime beaucoup, billets engageants de blogueurs dont j'aime les avis (entre autre celui de Jérôme du blog D'une Berge à l'autre et Trust Me sur Babelio ),  me voilà donc partie à travers ces champs bleus lors de mes vacances de printemps.

Hélas, ma lecture fût en demi-teinte ... bleus gris ... Et oui j'en attendais peut-être trop. 

En fait, ce qui m'a le plus gêné c'est que ces nouvelles n'ont pas de réelles chutes et pour moi une nouvelle c'est avant tout une chute marquante qui permet de boucler l'histoire courte.

Il y a 8 nouvelles dans ce recueil et celles que j'ai préférées sont celles qui se penchent d'avantage sur les personnages.

Il y a tout d'abord celle qui donne le titre à ce livre " A travers les champs bleus ", où j'ai aimé les descriptions de la nature poétiques

" La fille du forestier " où l'art de raconter une réalité en en faisant une fiction.

Et " La nuit des sorbiers " pour les personnages totalement décalés et au fond si profondément humains. 

Pour certaines nouvelles j'ai eu beaucoup de mal à les appréhender ... "Chevaux noirs " et " Renoncement ".

Une lecture en demi-teinte, mais une lecture qui s'est néanmoins 
imprimée en moi comme un rêve ou un cauchemar,
 dont on n'arrive pas à se défaire une fois réveillé.


" Dans son rêve, il y a avait un grenier au plancher tapissé d'herbe. L'herbe devenait plus haute qu'une maison, les tiges penchaient vers l'ouest malgré l'absence de vent. Couchée sur le dos, Margaret ne portait qu'un pantalon d'homme et lorsqu'elle descendait sa main, au lieu d'un pénis, elle trouvait un gros lézard qui faisait partie de son anatomie et dont la queue musclée se balançait. Une femme qui lui ressemblait arrivait d'un autre siècle, drapée dans un tissu noué. Apercevant le lézard, elle ne reculait pas, mais l'accueillait en elle et , à son réveil, Margaret s'est palpée pour vérifier qu'elle ne se transformait pas en homme. " Extrait de La nuit des Sorbiers



mercredi 22 avril 2015

Glycine en poésie

@Didi 20 avril 2015

À mon balcon cette glycine
Tord ses bras fleuris dans le soir,
Avec le tendre désespoir
D’une princesse de Racine.

Elle en a la fière langueur
Et la mortelle nonchalance ;
Et lorsqu’un souffle la balance,
Et que le jour traîne en longueur,

Et tarde à partir, et recule
Le déchirement tant qu’il peut,
Elle exhale une âme d’adieu,
Bérénice du crépuscule !

Le livre glisse de mes mains.
Le petit drame se termine.
« Cruel ! » dit au jour la glycine.
Les cieux blessés ont des carmins.

Par la haute porte-fenêtre,
Mystérieusement, alors,
Une des branches du dehors,
Comme un geste vivant, pénètre.

Du frémissant encadrement
Ce bras jeune et souple s’échappe ;
Et je sens sur mon front la grappe
Qu’il laisse pendre tendrement !

Tout s’embaume. Et je remercie.
Et, pour lui dire mon amour,
Je donne à la fleur, tour à tour,
Le nom d’Esther et d’Aricie.

Et je compare, les yeux sur
Mon livre tombé sans secousse,
L’odeur plus forte d’être douce
Au vers plus ardent d’être pur !

Un divin poison m’assassine !
Et je doute, en le chérissant,
Si de ma glycine il descend
Ou s’il monte de mon Racine !

Edmond Rostand, Les Musardises, 1911