samedi 25 mars 2017

Six fourmis blanches de Sandrine Collette






Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper?

Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant.
À des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches…
Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Égarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter.

Mon avis : 

Didicacé le 28 mars 2015 au Quai du polar à Lyon 2015 et offert à ma grande sœur.

@Didi QDP 2015

@Didicace 28 mars 2015

C'est mon 3ème Sandrine Collette (après Nœuds d'acier ♥♥♥ et Un vent de cendre ♥).

@Didi QDP 2016
 
Je sais qu'il m'en reste encore à découvrir et que ceux -ci seront également dédicacés puisque je retourne au Quais du polar 2017 dans une semaine ! Youpi !!!! ( et vous y serez-vous ????)

 En plus ce sera la Sainte Sandrine le 2 avril ! (et oui c'est aussi mon vraie prénom lol).

6 - 5 - 4 - 3 - 2 - 1 Partezzzzz  !!!!! Fuyezzzz !

Accrochez vous pour un trek en haute montagne dont vous ne ressortirez pas ... Indemne !

Lecture à souffle coupé, nous laissant exsangue ...

Les chapitres alternent entre deux personnages : Lou et Matthias.

Lou est un jeune femme partie avec son compagnon Elias pour un trek dans les montagnes d'Albanie avec d'autres personnes et en compagnie d'un guide de haute montagne Vigan. 

Matthias lui est un sacrificateur, un homme qui fait perdurer les traditions du sacrifice pour porter bonheur et conjurer le sort. Mais ça va tourner mal pour lui et il va devoir fuir dans les montagnes pour tenter de sauver sa vie.

J'ai retrouvé avec bonheur l'écriture captivante de Sandrine Collette, un vrai pages turner ce livre ! On est immerger au cœur de cette nature très hostile, de cette météo tempétueuse !
On a froid, on a faim, on a peur. On puise dans les ressources de l’extrême.

STOP ! Je ne peux pas plus vous parler de ce livre  sans en dévoiler d'avantage. Alors je me tais.

Mais faut-il le lire ? 

Oh que oui !

Partez pour cette aventure qui vous tiendra en haleine,
 qui vous laissera sans voix, qui vous ferra vous sentir bien petit 
dans cette immensité naturelle qu'est la montagne. 

Vous ne craignez rien derrière votre livre bien au chaud 
et à l'abri de la terrible tempête 
et puis, vous n'êtes pas non plus une frète chevrette ou un agneau, 
alors pas de quoi vous inquiéter.
Un peu de courage et de ténacité voyons !

Une lecture comme une tornade blanche ! 
Savoir qui va s'en sortir ?
Vous peut-être ? 



 

samedi 18 mars 2017

Profanes de Jeanne Benameur


Ancien chirurgien du cœur, il y a longtemps qu’Octave Lassalle ne sauve plus de vies. À quatre-vingt-dix ans, bien qu’il n’ait encore besoin de personne, Octave anticipe : il se compose une “équipe”. Comme autour d’une table d’opération – mais cette fois-ci, c’est sa propre peau qu’il sauve. Il organise le découpage de ses jours et de ses nuits en quatre temps, confiés à quatre “accompagnateurs” choisis avec soin. Chacun est porteur d’un élan de vie aussi fort que le sien, aussi fort retenu par des ombres et des blessures anciennes. Et chaque blessure est un écho.
Dans le geste ambitieux d’ouvrir le temps, cette improbable communauté tissée d’invisibles liens autour d’indicibles pertes acquiert, dans l’être ensemble, l’élan qu’il faut pour continuer. Et dans le frottement de sa vie à d’autres vies, l’ex-docteur Lassalle va trouver un chemin.
Jeanne Benameur bâtit un édifice à la vie à la mort, un roman qui affirme un engagement farouche. Dans un monde où la complexité perd du terrain au bénéfice du manichéisme, elle investit l’inépuisable et passionnant territoire du doute. Contre une galopante toute-puissance du dogme, Profanes fait le choix déterminé de la seule foi qui vaille : celle de l’homme en l’homme. SOURCE ACTES SUD

Mon avis : 

Ce livre je l'ai depuis un petit moment car je l'ai fait dédicacé à la fête du livre de Saint-Étienne au mois d'octobre 2015.



Une auteure très agréable et accueillante. J'ai déjà lu "Les insurrections singulières" dédicacé également ce jour là.

@Didi octobre 2015

Une belle lecture empreinte de sensibles sentiments

Octave réunit auprès de lui dans sa grande maison dépeuplée des personnes qui vont s'occuper de lui qui n'est plus tout jeune.

Il réunit 4 personnes :

Yolande Grange
Marc Mazetti
Béatrice Benoit
Hélène Avèle

Ces 4 personnes portent toutes en elles des blessures profondes.

Octave lui aussi a en lui une blessure indélébile, il a perdu son enfant sa fille unique, sa petite Claire lors d'un accident en pleine adolescence. Il a aussi perdu sa femme dans la douleur de la perte de leur enfant unique.

On s'intègre dans cette maison où chacun va aller à petits pas vers Octave mais aussi vers les autres. 

Les vies se mêlent et s'entremêlent.   

Il y a  beaucoup de poésie dans ce livre, tout d'abord grâce à l'écriture de Jeanne Benameur.

La poésie entre par le jardin de cette maison, par la maison elle même et par les haïkus qu'Octave invente pour ses Profanes. 

Premier levé de soleil
Il y a un nuage 
comme un nuage dans le tableau

L'art est aussi au cœur de l'histoire car le vieux monsieur a demander à Hélène Avèle de lui faire le portrait de sa fille à partir d'un cliché photographique qu'il a conservé après que sa femme ait tout emmené

Cette histoire est l'occasion d'interroger les uns et les autres sur leurs croyances. On s'interroge sur l'amour et la vie et la mort aussi. 

On va avancer avec chacun de ces personnes, on va avancer malgré les deuils, les blessures, les fêlures. 

Octave avait besoin d'eux et leur relation avec le vieil homme va les aider eux dans leur vie.

Une livre sur la luminosité des ombres.
Un livre qui restera en moi avec de belles résonances
Une lecture qui m'a beaucoup plu 
et une auteure à la sensible écriture qui me ravit.

J'ai pris plaisir à accompagner ses profanes au seuil de la grande maison
 et dans leurs cœurs intérieurs.      
Un livre où la paix intérieure s'installe 
comme une belle lumière dans un tableau.  
Où l'humain arrive à puiser dans ses ressources de cœur 
une sérénité apaisante.  


"Il n'y a pas de maîtres
Pas de fils de Dieu
Pas de Prophètes
Rien que des hommes et des femmes
Des profanes.
Mais le sacré, le vif de la vie, il est bien au cœur même du profane et moi j'ai besoin d'y aller."  page 98

 Je mets ici un texte de l'auteur sur son livre :
« Le profane étymologiquement est celui qui reste devant le temple, qui n’entre pas. C’est ainsi que je me sens. Et je ne peux pas échapper à la question. À quoi arrime-t-on sa vie pour avancer, jour après jour ?
La route que choisit Octave Lassalle, c’est les autres. Trop seul dans sa grande maison depuis tant d’années, il décide de s’entourer. Quand la famille fait défaut, quand la religion n’est pas de mise, il reste l’humanité. Et la seule carte du monde qui vaille, c’est celle, mouvante, des hommes et des femmes sur terre.
Le roman est tissé de ces vies qui se cherchent et se touchent, des vies trébuchantes, traversées d’élans et de doutes qui trouvent parfois, magnifiquement, la justesse.
C’est du frottement de ces vies imparfaites qu’Octave Lassalle cherche à être enseigné, retournant ainsi les Évangiles. C’est de ces points de contact improbables qu’il attend les seules épiphanies possibles. Des épiphanies profanes. Humbles.
Chacun des cinq personnages du roman a connu un moment dans son existence où la foi en quoi que ce soit de transcendant s’est brisée. Chacun des cinq va peu à peu reconstruire une route, sans dogme ni religion, pour retrouver la foi dans l’être humain, ici et maintenant.
J’ai écrit ce roman, comme Hélène, la femme peintre, en passant par les ombres de chacun pour qu’ils apparaissent peu à peu, dans la lumière.
Dans les temps troublés que nous traversons, où les dogmes s’affrontent, n’offrant de refuge que dans la séparation, j’ai voulu que Profanes soit le roman de ceux qui osent la seule liberté à laquelle je crois : celle, périlleuse, de la confiance. Cette confi ance qui donne force pour vivre. Jusqu’au bout. »
Jeanne Benameur

tous les livres sur Babelio.com


mercredi 8 mars 2017

L'écrivain national de Serge Joncour


Le jour où il arrive en résidence d’écriture dans une petite ville du centre de la France, Serge découvre dans la gazette locale qu’un certain Commodore, vieux maraîcher à la retraite que tous disent richissime, a disparu sans laisser de traces. On soupçonne deux jeunes "néoruraux", Aurélik et Dora, de l’avoir tué. Mais dans ce fait divers, ce qui fascine le plus l’écrivain, c’est une photo: celle de Dora dans le journal. Dès lors, sous le regard de plus en plus suspicieux des habitants de la ville, cet "écrivain national", comme l’appelle malicieusement monsieur le Maire, va enquêter à sa manière, celle d’un auteur qui recueille les confidences et échafaude des romans, dans l’espoir de se rapprocher de la magnétique Dora.
Dans une atmosphère très chabrolienne, Serge Joncour déroule une histoire à haute tension: les quelques semaines de tranquillité que promettait ce séjour d’écriture se muent, lentement mais sûrement, en une inquiétante plongée dans nos peurs contemporaines. Source Babelio

Mon avis : 

Premier livre de cet auteur pour moi et sans aucun doute pas le dernier car j'ai apprécié son écriture et cette histoire. (Aparté :je voulais faire dédicacer mon livre et aussi prendre son dernier lors de la dernière fête du livre de Saint-Étienne mais grand hélas Monsieur Joncour n'était pas disponible car invité au match des verts à Geoffroy Guichard ce dimanche là ... Pffff là ça m'avait agacé car les lecteurs voulaient sans doute le rencontrer et oki le foot mais bon pas en plein fête du livre !!!) .

Découvrir cet auteur sur Babelio.com

Étonnée par tant de résonances entre ma dernière lecture de Battues d'Antonin Varenne et celle-ci ! Là encore on se retrouve dans une petite ville de campagne où les intérêts de chacun sont mis en avant. La vie dans cette ville , les interactions entre les différents habitants et leurs statuts.

Et cette forêt omniprésente, telle un personnage très singulier et énigmatique, attirante et effrayante en même temps...

"Je roulai plus avant, le regard concentré sur les abords immédiats, et là d'un coup, au détour d'un virage, je fus soulevé par ce décor qui surgissait devant moi, saisi par cette masse verticale qui s’élevait en face, la forêt paraissait jaillir du sol comme un dragon déploie pour se montrer féroce, une masse d'arbres géants qui rehaussaient furieusement le relief, j'en étais stupéfait, comme si jusqu'à-là je n'avais fait que rouler à un étage  inférieur de la Terre.
C'était donc ça la fameuse forêt que tous évoquaient avec retenue. La forêt, ici, ils en parlaient comme d'un littoral, une mer qui les encerclait, une limite à partir de laquelle la terre s'arrêtait net pour laisser la place à un élément autre, des milliers et des milliers d'hectares obscurs et vertigineux, un véritable océan vertical aux marées sournoises et aux tempêtes introverties. La forêt on m'avait tout de suite prévenu de m'en méfier, du moins on m'avait recommandé de ne pas y aller seul, et surtout pas le soir."

Il y a aussi une histoire d'amour , une rencontre entre un homme et une femme.

Cet écrivain national m'a plu, cet homme ayant la quarantaine, écrivain sur le tard. Une part de Serge Joncour lui même très certainement.

"Ce livre je le portais en moi comme ces paquets d'autres anecdotes que j'avais traversées et dont je ne savais plus trop si elles relevaient de la vraie vie ou de l'imaginaire.
- Vous lui ressemblez un peu, pas vrai ?
- A qui ? 
- A Boris, vous devez être un peu comme lui.
- C'est à dire ?
- Vous êtes un peu secret, et fiable .
J'avais envie de lui répondre que oui, ce personnage partait de moi, j'étais comme lui, ma vraie force c'était ma discrétion, parce que dans la vie rien n'est plus dur que de savoir se taire, rien n'est plus dur que de garder une vérité à soi, bien enfouie, rien n'est plus dur que d'avoir quelque chose d'incroyable à cacher, de ne pouvoir s'en vanter, de se taire alors qu'autour de soi tout le monde guette la moindre explication. Ça l'est bien plus encore que dans les romans, mais que ce soit chez Dostoïevski ou chez le plus petit braqueur de bureau de tabac, tout auteur d'un quelconque délit finit toujours par se faire piéger à cause de ça : n'avoir pas su garder le secret pour soi."
 
Il est reçu en résidence dans une petite ville nichée entre Nièvre et Morvan. Mais voilà ce séjour va se révéler beaucoup moins tranquille que prévu ! En effet, un fait divers secoue la petite ville. Un homme a disparu et les soupçons pèsent sur un couple de jeunes qui vivaient à côté de ce Commodore. Louant une ferme de ce propriétaire terrien disparu. 

Le couple c'est Dora et Aurélik. C'est cette Dora et son regard sur une des photos d'un article de journal rubrique faits divers qui va capter le regard de l'écrivain ! Je dirais même le captiver et / ou le capturer. Aurélik est emprisonné car fortement soupçonné de la disparition de Commodore... Dora se trouvant alors seule et démunie ...

Serge Joncour par le biais de cet écrivain et à travers son regard va nous présenter les différents protagonistes de cette histoire. L'écrivain va très vite se trouver par sa curiosité et son attrait pour Dora au cœur de ce fait divers.

"Dora, elle avait bien trop la couleur du drame pour ne pas être mon soleil masqué, cet horizon qui attendait l'ombre de ma vie. Je ne sais plus à quel moment on décide d'aimer, mais là tout ce que je voyais, c'est son visage qui se présentait à moi en hologramme concret un mirage vers lequel j'ai toujours envie de tendre les mains. "

Il se met dans de sales draps mais son statut lui permet de s'insérer sans trop d'éclats dans les vies de chacun.

On est suspicieux, on échafaude des scénarios (ris), on s'inquiète avec lui ... Jusqu'à la révélation finale qui tombe sans que je ne m'y attende vraiment.

J'ai aimé cette résolution quand l'écrivain ne sait plus ce qu'il peut écrire...

Une bonne lecture qui surfe sur divers plans : 

Un policier avec une enquête en marge, 
mais aussi une rencontre avec une possible histoire d'amour, 
et une réflexion intéressante sur ce qu'est être écrivain 
avec notamment le rapport entre écrivain et lecteur analysé.

Je vous conseille de faire la connaissance de cet écrivain national !