dimanche 29 mai 2016

Paroles et musiques 2016 La Grande Sophie et Christian Olivier




Paroles et Musiques un festival  stéphanois que j'aime bien et cette année je me suis décidée pour La Grande Sophie dont j'ai le dernier album très souvent en écoute. "Nos histoires "



L'occasion pour moi de découvrir plus avant cette artiste que j'aime de plus en plus et d'écouter ses précédents albums avec plaisir.

@Didi 27 mai 2016 La Grande Sophie

" Quand le mois d'avril  "
Album Des vagues et des Ruisseaux
J'étais une jeune fille ou bien un garçon
Je ne sais plus très bien
Au bord de la ligne de l'indécision
Il y a le mois d'avril qui passe

Quand le mois d'avril s'échappe
Je me pose de drôles de questions
Quand le mois d'avril s'échappe
Je regarde pousser les bourgeons

J'étais une fleur ou bien un poisson
Même fanée, je buvais la tasse
Dans mon aquarium au coe?ur des saisons
Il y a le mois d'avril qui passe

Quand le mois d'avril s'échappe
Je perds tous mes repères
Quand le mois d'avril s'échappe
J'oublie les sensations


@Didi 27 mai 2016 La Grande Sophie
Ma colère 
Album Nos histoires

Du fond de ma Riviera, moi j'entends la colère
Des talons au temporal résonne le tonnerre
Et le temps, et le temps, et le temps, et le temps, et le temps
Est plus qu'incertain

Du haut de ma montgolfière quand monte ma colère
Se gonflent nos poumons de paroles en l'air
Et le temps, et le temps, et le temps, et le temps, et le temps
Les étouffe le lendemain

Combien de jours, combien de mois, combien de soupirs ?
Combien de mots, combien de fois ne plus savoir que dire ?
Combien de lettres, combien d'espoirs à entretenir ?
Et le temps, et le temps, et le temps, et le temps, et le temps
Que personne ne retient

Sous ma boule à facettes quand danse ma colère
De sombres paillettes militent sur mes paupières
Et le temps, et le temps, et le temps, et le temps, et le temps
Lui seul les retient

Au bout de mes doigts s'agite ma colère
S'écrasent à tout va les mots comme des pierres
Que le temps, que le temps, que le temps, que le temps, que le temps
Que le temps aiguise sans fin

Combien de jours, combien de mois, combien de soupirs ?
Combien de mots, combien de fois ne plus savoir que dire ?
Combien de lettres, combien d'espoirs à entretenir ?
Et le temps, et le temps, et le temps, et le temps, et le temps
Que personne ne retient

Du fond de ma Riviera, je t'envoie ma colère
Fais en ce que tu voudras, laisse la mourir, fais la taire
Il est temps, il est temps, il est temps, il est temps, il est temps
Il est temps mmmhhhhh


@Didi 27 mai 2016 La Grande Sophie

Il y a même eu une adaptation de Jacques Higelin "Pars"


A l'affiche il y avait aussi Christian Olivier chanteur du groupe Les têtes raides je ne connaissais pas trop ses chansons  mais j'ai beaucoup aimé ! De beaux textes et une musique très très rock !


Là aussi encore beaucoup de titres à découvrir et j'avais déjà mis à l'honneur ce chanteur avec le titre "Le silence".




Les faux pas


Les faux pas faut pas t'en faire
On ne fait rien que ça
Mais faut pas, faut pas t'en faire
Faut pas t'en faire pour ça

Faut regarder l'arc-en-ciel
A le toucher de tes doigts
Faut marcher à tire d'aile
A voler dessus les toits
On jouera de l'élastique
Et si ça pique des fois
Faut pas grandir si vite
Et ne plus rêver déjà

Les faux pas faut pas t'en faire
On ne fait rien que ça
Mais faut pas, faut pas t'en faire
Faut pas t'en faire pour ça

Faut regarder le soleil
Et la lune qui se déploie
Boire les pluies torrentielles
Et se saouler de tout ça
On jouera de tout ce qui pique
Et si ça brûle des fois
Faut pas grandir si vite
Et ne plus rêver déjà

Les faux pas faut pas t'en faire
On ne fait rien que ça


Mais faut pas, faut pas t'en faire
Faut pas t'en faire pour ça

Faut tourner la manivelle
Velle, velle qui t'emmènera
Faudra tirer la ficelle
Celle, celle qui t'ébouliera
A nos vies artificielles
Qui ne font jamais de faux pas
Faut caresser l'arc-en-ciel
Et n'être plus rien que ça
On jouera de l'élastique
Et si ça pique des fois
Faut pas grandir si vite
Et ne plus rêver déjà

Les faux pas faut pas t'en faire
On ne fait rien que ça
Mais faut pas, faut pas t'en faire
Faut pas t'en faire pour ça

Les faux pas faut pas t'en faire
On ne fait rien que ça
Mais faut pas, faut pas t'en faire
Faut pas t'en faire pour ça

Les faux pas
Faut pas t'en faire
Les faux pas
Faut pas t'en faire pour ça 


@Didi 27 mai 2016 Christian Olivier
JE ME QUITTE
Mon nuage avant l'orage
dessine moi une page
ne me pose pas de question
chante moi juste ta chanson
et ne me…. dit pas qu'il fait beau
ou alors juste à fleur de peau
si je ne vole pas comme un oiseau
alors
Je me quitte…

Dans le marc du café noir raconte moi ton histoire
prête moi quelques saisons
j'en ferai quelques chansons
j'irai jusqu'à fleur de peau
dans les airs ou dans les eaux 


Après les paroles place à la musique !
Pour oublier la pluie et faire revenir le soleil :-) 
Bonne fête aux mamans et à la mienne tout particulièrement ♥







dimanche 22 mai 2016

BAAD de Cédric Bannel


« BAAD » : Homme mauvais, violent, cruel avec les femmes.
BARBARIE Des jolies petites filles, vêtues de tenues d'apparat, apprêtées pour des noces de sang.
ABOMINATION Deux femmes, deux mères. À Kaboul, Nahid se bat pour empêcher le mariage de sa fille, dix ans, avec un riche Occidental. À Paris, les enfants de Nicole, ex-agent des services secrets, ont été enlevés. Pour les récupérer, elle doit retrouver un chimiste en fuite, inventeur d'une nouvelle drogue de synthèse.
AFFRONTEMENT Il se croit protégé par ses réseaux et sa fortune, par l'impunité qui règne en Afghanistan. Mais il reste encore dans ce pays des policiers déterminés à rendre la justice, comme l'incorruptible chef de la brigade criminelle, le qomaandaan Kandar.
DÉFLAGRATION Nicole et Nahid aiguisent leurs armes. Pour triompher, elles mentiront, tortureront et tueront. Car une mère aimante est une lionne qui peut se faire bourreau.

« Il fallait oser inventer un tel flic.» Le JDD.
« Un voyage à couper le souffle.» Christian Rappolt, librairie Wachenheim.
« Un incorruptible badass au pays des talibans. » Benoît Minville, Rural noir, libraire Fnac Défense. SOURCE Éditions LAFFONT

MON AVIS : 

Partenariat particulier j'ai hésité à y participer ... Peur de la violence de ce livre peur d'être dans le "trop"...

Bonjour Didili,

Je vous écris pour vous proposer de recevoir l’ouvrage
Baad de Cédric Bannel,  « Un polar haletant construit sur un compte-à-rebours : Oussama a dix jours pour retrouver et sauver la petite Badria, autant pour Nicole qui doit, sur ordre de la mafia des mafias, démasquer et neutraliser l’insaisissable trafiquant d’héroïne. »

Et puis finalement aimant prendre des risques lors des masses critiques de Babelio, j'ai tenté ma chance et j'ai été retenue pour sa lecture.

Merci à BABELIO et aux Editions Robert Laffont.


Dans ce livre nous suivons deux histoires parallèles qui font finir par se rejoindre  tardivement dans le livre, ce que j'ai un peu déploré...

Deux personnages aux caractères bien affirmés : Oussama Kandar et Nicole Laguna.  Deux pays aussi la France et l'Afghanistan.

Ces deux personnes doivent toutes deux retrouver un criminel.

Oussama Kandar commandant de la brigade criminelle à Kaboul est confronté à la terrible violence de jeunes filles trouvées nues et assassinées, violées...

Son travail est de chercher l'auteur de ces actes odieux qui semblent se répéter de façon régulière...

Ce travail il doit l'effectuer dans son pays : l'Afghanistan. Ce pays gangréné par une corruption installée depuis longtemps au sein même du pouvoir et par une situation politique des plus instables.

Cédric Bannel dresse là un portrait de l'Afghanistan plus qu'inquiétant et troublant. Mais il arrive aussi à nous installer une équipe de la brigade criminelle derrière la quomaandaan Kandar qui se veut incorruptible et ça nous rassure un peu...

 J'ai particulièrement aimé le portrait de cet homme : Oussama Kandar. Un homme juste, ouvert et Afghan. Il aime son pays et souhaite que celui-ci avance vers la paix  et la justice.

Cédric Bannel grâce à ce personnage nous montre un Afghanistan plus juste et beau et pointe par là même les défaillances et cassures de ce pays en proie aux extrémismes violents et à la corruption  dévastatrice. Un pays où la drogue et l'argent qui en découle détruisent tout.

Vous allez me dire, mais elle ne parle que de ce commandant !!!!... Et bien oui, il a un fort charisme et je trouve que Cédric Bannel s'est beaucoup concentré sur lui par rapport au personnage de Nicole.

Nicole quant à elle, est un personnage particulier ex-agent des services secret français quand même  ...  Une femme qui évolue dans un milieu très masculin ... 

La mafia italienne la tient, elle doit les aider coûte que coûte à retrouver un homme qui va inonder de neige blanche le monde ... De la neige pour des milliards de bénéfice, mettant la mafia hors service !

Leur moyen de pression la famille de Nicole, son mari Martin et ses deux enfants que la mafia séquestre. 

Nicole n'a pas le choix elle endosse à nouveau son rôle d'agent secret au service de sa famille et finalement au service du Commandant Kandar... Puisque finalement l'homme recherché ne fait qu'un !!! 

Les chapitres alternent en commençant par : "Dix jours avant Badria". 

Le compte à rebours est enclenché pour retrouver ce meurtrier qui frappe régulièrement... Badria sera-t-elle sauvée ?

La traque est intense, les recherches sont difficiles, les témoins meurent ou sont corrompus, inateignables... 

Le final sera un final apocalyptique, une véritable scène de guerre avec missiles, armes lourdes, kalachnikovs, brouilleurs satellites et hélicoptères !

J'ai été embarqué sur un rythme d'enfer, ce livre à su capter mon attention et m'en dire un peu plus sur l'histoire Afghane puisque l'auteur s'appuie sur des faits véridiques de l'histoire de ce pays. 

Cédric Bannel a su créer un très beau personnage, cet homme incorruptible et ouvert m'a beaucoup plu.   Cette histoire m'a donné envie d'en savoir davantage sur l'histoire de ce pays et sur son actualité qui hélas rencontre celle de mon pays en de tristes épisodes...

Je parle moins de Nicole car son personnage semble plus fade dans cette histoire, mais ce personnage féminin a permis sans doute à l'auteur de contrebalancer la pauvre place que l'on réserve à la majorité des femmes dans ce pays... Effrayant ... Badria et Nahid en sont les exemples frappants !

La fin de ce livre est du côté optimiste. Mais le bien gagne -t-il toujours sur le mal ?

Le commandant Kandar pourrait, peut être devenir un personnage récurrent ... Monsieur Bannel , sachez que je le suivrais alors, sans sourciller, dans sa quête de justice et de paix. 


tous les livres sur Babelio.com


Quant à vous, si vous ne craignez pas d'être bousculés, ni éclaboussés,
alors suivez le viseur du commandant Kandar 
dans son beau et incroyable pays qu'est l'Afghanistan.

Bonne lecture ! 

@Didi mon dessin de 2014




mercredi 11 mai 2016

Anne F. Hafid Aggoune



Anne Frank peut-elle réconcilier un homme désespéré avec son époque ?
Après un attentat commis par l'un de ses élèves, qui réveille les plus sombres heures de la vieille Europe, un professeur est au bord de l'effondrement.
Rongé par la culpabilité, décidé à en finir, il redécouvre un soir le Journal d'Anne Frank ; bouleversé par son actualité et sa vivacité, il se met à écrire à sa « petite sœur juive » disparue à quinze ans à Bergen-Belsen.
Entre ses lignes, la jeune fille vive et courageuse renaît, avec son désir d'écrire, sa volonté de devenir une femme indépendante et forte, et sa vision d'un monde meilleur.
A travers cette invocation qui renouvelle notre regard sur ce symbole universel d'espoir qu'incarne Anne Frank, ce roman poignant interroge notre présent, invite à la réflexion et ravive le courage de résister. SOURCE Plon

Mon avis : 

En premier lieu merci à Anne-Marie  pour ce sympathique prêt et pour les ventes de livres d'occasions qu'elle organise et qui me permettent de remplir ma PAL en faisant une BA

Hafid Aggoune est né à Saint-Etienne et c'est lors d'une fête du livre à Sainté que j'ai pu le rencontrer. A l'époque (ça remonte à plus de 10 ans je pense) je m'étais fait dédicacer son livres "Les avenirs". je n'ai pas réellement de souvenirs précis de ma lecture mais je me souviens que j'avais aimé son écriture.

Ce livre est une longue lettre d'un homme qui a décidé d'en finir avec la vie. Il prends alors la plume pour expliquer son acte au cours de la nuit précédent celui-ci...

Cette lettre il va l'adresser à Anne Frank.
"Chère Anne, 
C'est le cœur lourd que je t'écris.
J'ai longtemps fixé la fenêtre ouverte, décidé à en finir avant le lever du jour.
Tandis que mes doigts effleuraient sans but les tranches de mes innombrables livres, ouvrant et fermant au hasard ces petits univers clos et infinis qui m'ont tant nourri, ton nom est apparu et j'ai oublié ma résolution.
J'ai relu ton Journal, à mon âge, quarante ans passés, chose que je n'aurais pas imaginée. peu d'adultes te relisent - Ils devraient pourtant."

Le narrateur est professeur, il est terrassé  par l'acte (un attentat meurtrier) d'un jeune homme qu'il a eu en cours. Le professeur se sent terriblement coupable de n'avoir pas su et pu éviter le pire. Il ne se remet pas de n'avoir pas su instruite et éduquer ce jeune homme qui en est arrivé à cette terrible extrémité ...

Ce jeune professeur a de plus une vie pas facile (séparée de sa compagne) et eu une enfance douloureuse dans ses relations avec son père (une homme dur et parfois violent).

Cette lettre sera l'occasion pour cette homme de nous expliquer ce qu'il ressent, son état d'esprit.

Peu à peu, cette lettre va lui permettre de redécouvrir cette jeune fille, il va alors l'imaginer encore vivante et libre et y puiser une force profonde..

Cette lettre va être comme un "exorcisme" car son écriture va conduire l'auteur à se réconcilier avec la vie, avec toutes les valeurs que cette jeune fille met en avant dans son journal. 

L'optimisme, la joie de vivre, l'enthousiasme, l'ouverture sur les autres, l'écriture et la lecture. Toutes ces valeurs, cette jeune fille du haut de ses 15 ans, les porte de façon admirable.

Hafid Aggoune grâce à ce livre nous donne vraiment envie de relire Le Journal D'Anne Frank , je l'ai d'ailleurs emprunté à la bibliothèque du collège où il se trouve en grande quantité, preuve qu'il continue à être étudié et lu et c'est tant mieux

Anne, tu vis toujours en chacun de nous, nous, tes lecteurs si nombreux.

Ton sourire qui orne la couverture de ton Journal édité grâce à ton papa est un hymne à la vie, cette vie qui t'a été ôtée de manière si barbare... 




Je ne peux que me souvenir de toi et espérer que ces actes ne se reproduisent pas, ils ne doivent pas se reproduire, c'est ce message que je porte en moi grâce à ton journal. Voilà que moi aussi je m'adresse à toi Anne... 

Ce livre est vraiment une belle façon de repenser au journal d'Anne Frank, 
de le mettre en valeur, de le mettre en résonance avec le présent. 



Il faut le lire, le faire lire et le relire, il permet de porter haut et fort les valeurs que cette jeune fille a su nous transmettre par delà sa mort grâce à son père qui l'a fait éditer.

Merci Hafid Aggoune pour ce roman miroir !




" Anne, tu n'es pas vraiment morte. Tu resteras éternellement jeune, à l'image des Dean et Monroe que tu n'as pas connus et que tu aurais aimés, figures d'un XXe siècle contrasté, déchiré entre les abîmes les plus inhumains et le glamour d'un monde moderne dédié à l'image et aux rêves comme si la seule issue était la fiction.
Mais ce n'est pas à l'icône que je m'adresse ici. je veux écrire à la jeune fille brillante qui aurait pu devenir une femme immense, un phare d'intelligence et de subtilité dans un chaos qui en a tant besoin.
J'écris à l'adolescente qui promet tant et aux adultes pour qu'ils n'oublient pas.
J'écris au début dans la vie et aux êtres qui cherchent un morceau de ciel du fond de leur misère.
J'écris à l'espoir qui s'en va dans mon corps, de mes pensées.
J'écris aux parents qui veillent sur leurs enfants.
J'écris aux enseignants qui nourrissent les jeunes esprits.  
J'écris aux libraires qui veillent sur les livres.
j'écris à celles et ceux qui empêchent les ruines du savoir de se propager sur le monde.
J'écris à celles et ceux qui transmettent et qui donnent. 
J'écris à celles et ceux qui se souviennent sans rancœur pour que l'avenir puisse naître.
J'écris à la bonté qui ne meurt pas malgré le sang et les haines intarissables.
J'écris à l'amour qui a quitté le cœur de B. Jarhel.
Je t'écris à toi et , à travers toi, à tous ceux qui te ressemblent.
J'écris au néant et à la mort avant qu'ils ne viennent à moi.

Cette nuit ce seront tes mots, ce sera ton visage qui illumineront mes yeux intérieurs, toi Anne, toi pleine de clairvoyance, d'impertinence, toi si vivante , petite lueur dans ma nuit, toi qui guides tant de jeunes gens, toi l'innocence, toi l'espoir, ici et ailleurs, à chaque époque, toi avalée par la fosse commune et revenue au monde par l'écriture.  "    

@Didi Prague 2016 Synagogue lieu de mémoire des victimes de l'holocauste

 

dimanche 1 mai 2016

Cher pays de notre enfance Etienne Davodeau et Benoît Collombat

  • Auteur(s) : étienne davodeau - Benoît Collombat
  • Editeur : Futuropolis Gallisol Editions
  • Parution : 08/10/2015
  • Nombre de pages : 224
  • Nombre de livres : 1
  • Expédition : 996
  • Dimensions : 27.50 x 20.00 x 2.20

Résumé :
Etienne Davodeau est auteur de bande dessinée. Benoît Collombat est grand reporter à France Inter. L'un est né en 1965, l'autre en 1970. Ils ont grandi sous la Ve République fondée par le général de Gaulle, dans un pays encore prospère, mais déjà soumis à la crise . l'Italie et l'Allemagne ne sont pas les seules nations à subir la violence politique. Sous les présidences de Pompidou et de Giscard d'Estaing, le pays connaît aussi de véritables années de plomb à la française. Dans ces années-là, on tue un juge trop gênant. On braque des banques pour financer des campagnes électorales. On maquille en suicide l'assassinat d'un ministre. On crée de toutes pièces des milices patronales pour briser les grèves. On ne compte plus les exactions du Service d'Action Civique (le SAC), la milice du parti gaulliste, alors tout-puissant. Cette violence politique, tache persistante dans l'ADN de cette V° République à bout de souffle, est aujourd'hui largement méconnue. En sillonnant le pays à la rencontre des témoins directs des événements de cette époque - députés, journalistes, syndicalistes, magistrats, policiers, ou encore anciens truands -, en menant une enquête approfondie, Etienne Davodeau et Benoît Collombat nous révèlent l'envers sidérant du décor de ce qui reste, malgré tout, le cher pays de leur enfance...



En retard, en retard je suis, pour publier ce billet sur cette lecture !

Dès le départ j'ai pris du retard ... Quand j'ai pris connaissance de l'opération c'était la dernière limite ... Ouf. J'adresse donc mes plus plates excuses aux organisateurs et à Juan Luis tout particulièrement.

Mais ... Il faut savoir que j'ai reçu cette BD sans indication écrite, sans savoir de qui elle émanait et comme je fais par ailleurs des concours pour gagner des livres sur le net et que je ne me souvenais pas d'avoir demander celle-ci pour cette opération, je pensais que je l'avais gagné à un concours... De plus ma boite sur voila était définitivement morte alors pas de mail de rappel de la part des organisateurs...

Bref vitre, après quelques mails (depuis ma nouvelle boite gmail) j'ai su que j'avais eu cette BD dans le cadre du festival BD de Price Minister ! Et que j'avais aussi jusqu'à la fin du mois d'avril pour faire mon billet ici, nous sommes le 1er mai ... 

Et oui le temps file !!!! Ouf l'honneur est sauf, enfin j'espère....

Tiens tiens l'année dernière même combat ... Enfin même retard pour Un océan d'amour, lu grâce à ce Festval ! Voir ICI mon billet un an jour pour jour.

J'ai donc pas mal attendu avant de m'attaquer à cette BD, d'une part parce que je ne pensais pas que celle ci faisait partie de cette opération (oups je me répète) mais aussi parce que ce n'est pas forcément ma tasse de thé, la politique ( comme dit précédemment je ne me souvenais pas non plus d'avoir cocher ce choix là ...)... Ma lecture a aussi été retardée à cause de la grève chez la SNCF, ben oui on a eu des cars en replacement et moi lire dans un car c'est pas possible ... La gerbe ... 

Et puis je ne voulais pas abîmer cette jolie bande dessinée ! Les éditions Futuropolis réalisent toujours de superbes BD, l'objet est de qualité, couverture épaisse, reliure haute gamme, papier de qualité et impression haute en couleur (même si la seule couleur est le rouge de la couverture, le sang qui tâche le portrait de Charles De Gaulle. 

Trève de bavardage, plongeon dans cette lecture qui contre toute attente m'a tenu en haleine du début à la fin !

Si je doutais de l'utilité d'une BD pour ce genre de sujet mes doutes se sont envolés.  Davodeaux et Collombat font là une enquête passionnante et même des enquêtes qui se recoupent. 

Il y a l'histoire d'un pays et des histoires cachées ...

Je suis née en 1973 (le 7 avril 1973 d'ailleurs et oui j'ai pris un an de plus ) alors je n'ai pas "vécue" l'assassinat du Juge Renaud en 1975, ni celle de la famille Massié en 1981, pas même l'assassinat maquillé en suicide de Robert Boulin... 

Preuve s'il en est que certaines histoires gagnent pour certains à être enterrées définitivement....

C'est là le tour de force des auteurs, eux déterrent les histoires en faisant preuve de pédagogie et de courage. Ils nous dévoilent la face obscure, que dis je les faces obscures du pouvoir... Ils se penchent essentiellement sur le SAC (Service d'Action Civique). 

Ils enquêtent, ils interrogent, ils recoupent les informations, ils visitent les lieux des crimes, rencontrent les protagonistes, fouillent les traces du passé, celles écrites et celles vécues. 

Certaines traces s'effacent, des témoins meurent ou disparaissent... D'autres se taisent, de peur ... 




Je ne sais pas si les auteurs ont été aussi inquiétés ... J'espère que non ... et je les remercie d'avoir mis en lumière ce que le pouvoir a essayé de cacher pendant longtemps... Mais tout ceci n'est sans doute pas fini, d'autres hommes, d'autres intérêts jouent et se jouent dans les coulisses du pouvoir. 



Heureusement on croise dans ces pages des personnes intègres (et encore vivantes !) ayant à cœur de révéler la vérité et de faire entendre justice !

Le temps passe et les témoins sont aussi de moins en moins nombreux emportant avec eux des informations importantes...  

Ce livre ne va pas vraiment me concilier avec le monde politique, ce monde de pouvoir mené par le sacro saint "argent", où les idéaux sont si peu haut placés... Même encore de nos jours les affaires nous rappellent que les hommes politiques ne sont pas tout blancs, l'argent, le nerf de la guerre et de l'accès au pouvoir salit tout...Les décisions ne sont plus humaines mais économiques... 

Merci aux auteurs de nous rappeler la vigilance  que l'on doit avoir sur ceux qui nous gouvernent et sur la nécessité de transparence quant au financement des partis politiques. 

Mais revenons aux dessins de Davodeau. Ils m'ont plu et m'ont accrochés dans le suivi de cette enquête. Davodeau dresse de beaux portraits, mets en scènes les lieux des meurtres mais aussi les lieux des rencontres. Il les mets en avant avec des documents de diverses provenances.



Si la BD est bavarde, beaucoup de dialogues et des documents afférents, on ne s'ennuie jamais et on progresse au gré des rencontres au fil des 218 pages de la BD. 



La post face de cette BD rédigée par Roberto Scarpinato est très bien faite et résume tout en argumentant le déroulé de cette enquête courageuse et édifiante ! 


Cher pays de notre enfance est une BD à lire et faire lire, une BD en signe de leçon et de non oubli. La face pas très glorieuse de l'histoire de notre pays la France. 

 "Il y a deux histoires : l'histoire officielle menteuse qu'on enseigne, puis l'histoire secrète, où sont les véritables causes des évènements, une histoire honteuse." Honoré de Balzac cité par Roberto Scarpino dans sa post face.)

Un pays où l'on trouve également des hommes valeureux et courageux œuvrant pour le bien de leur pays. Des hommes intègres qui ont payé de leurs vies mais qui resteront vivants  tant que nous ne les oublieront pas ! Cette BD fait partie de ce travail de mémoire et de justice. 

Merci à Price Minister et à son festival de m'avoir permis de lire cette BD. 
Je lui accorde un 18/20 !

Merci aussi et surtout à ces deux auteurs qui avec leur courage et leurs talents ont mis cette BD au service de leur pays et de ces habitants. 
Pour que tout ne s'oublie pas et que l'on en prenne leçon ! 

L'histoire continue dans le cher pays de mon enfance, 
qui est désormais celui dans lequel j'évolue en tant qu'adulte et citoyenne,
A moi, à nous, d'en faire un monde meilleur et plus juste...

Spéciale dédicace pour le 1er mai à ces trois sympathiques syndicalistes de la BD


Du bonheur en clochettes à vous, 
en direct de mon jardin ! 


vendredi 22 avril 2016

Trois mille chevaux vapeur de Antonin Varenne


1852, pendant la 2e guerre anglo-birmane. Le sergent Arthur Bowman doit accomplir une mission secrète. Mais l’expédition tourne mal et les hommes sont capturés et torturés pendant plusieurs mois. Seuls dix d’entre eux survivront.
Londres, 1858. Alors qu'il noie son passé dans l'opium et l'alcool, Bowman découvre dans les égouts le cadavre d'un homme atrocement mutilé. La victime semble avoir subi les mêmes sévices que ceux qu'il a endurés six ans auparavant. Persuadé que le coupable est l'un de ses anciens compagnons de captivité, Bowman décide de partir à sa recherche.
De la jungle birmane à l'Amérique de la conquête de l'Ouest en passant par les bas-fonds londoniens, l'histoire d'une quête personnelle et de la métamorphose d'un homme, dans un monde en pleine mutation.
Venu du polar, Antonin Varenne rejoint la littérature populaire de haut vol, enjouée, référencée, intelligente. Un sacré bouquin. Thierry Gandillot, Les Échos.
Source Le Livre de poche

Mon avis : 

Je reprends mon souffle après ces 690 pages menées tambour battant au côté du Sergent Arthur Bowman ! Lu sans ennui aucun j'ai vraiment apprécié cette quête humaine à travers les continents.

Et puis c'est aussi la première fois que je rencontre l'auteur en cours de lecture, je me trouvais à la page 339 au bord de la diligence de la Butterfield Overland Mail en Amérique au départ de Saint-Louis ! 

@Didi QDP 2016

Ce fût très sympa d'indiquer à l'auteur où j'en étais et d'écouter lire le début du chapitre de ma lecture et de m'assurer que nombre de détails de son livre sont véritables ! Là il s'agissait du règlement à l'intérieur des diligences.

Avis aux voyageurs de la Butterfield Overland Mail

La consommation d'alcool est interdite à bord de la diligence, mais si vous devez boire, partagez votre bouteille.

Si des dames sont à bord, les gentlemen ne devront fumer ni cigare, ni pipe car leur odeur incommode les femmes. Chiquer est autorisé, mais crachez dans le vent, par contre lui.

Des peaux de bison seront distribuées en cas de mauvais temps.

Ne dormez pas sur l'épaule de vos voisins. Ne ronflez pas trop fort.

Les armes à feu sont autorisées et ne doivent être utilisées qu'en cas d'urgence. Ne tirez pas pour le plaisir, ni sur les animaux sauvages, les coups de feu peuvent effrayer les chevaux.

Si les chevaux s'emballent, restez calmes. En sautant de la diligence, vous risquez de vous blesser et de rester à la merci des éléments, d'Indiens hostiles et de coyotes affamés. 

Sujet de conversation interdits : les attaques de diligence et les révoltes indiennes.

Les hommes qui se comportent de façon cavalière à l'égard des dames seront expulsés de la diligence. La marche pour rentrer est longue. 

Que cet avertissement vous suffise.

On passe d'un continent à l'autre et on découvre le 19ème siècle à travers les yeux du sergent. Loin d'être un enfant de cœur le sergent Bowman n'aura de cesse de retrouver le meurtrier de cet homme découvert dans les égouts de Londres, d'autant plus que c'est lui que la police considère comme coupable.

Coupable, il l'est d'emblée et à sa manière. En effet ses choix n'ont pas toujours été équitables et pacifiques... 

Alors, il va se lancer corps et âme dans une quête humaine pour retrouver les soldats qui comme lui ont fait parti d'une vaste machination qui les aura tous en quelques sorte détruits....

Tous sont potentiellement des meurtriers, même Bowman ... Tous sont à la fois bourreaux et victimes de la cupidité humaine. 


L'officier tourna la tête vers la file et vit d'autres hommes derrière Peevish, dont il se demanda s'ils étaient vraiment des hommes, s'ils étaient tout à fait vivants ou bien seulement des fantômes.
Sur la feuille du mois d'avril, un par un, il écrivit dix noms sous la même date :

Edmond Peevish
Peter Clemens
Edward Bufford
Erick penders
Frederick Colins
John Briggs
Horace Greenshaw
Norton Young
Sergent Arthur Bowman

Difficile pour moi de résumer un tel ouvrage, si complet et intéressant, extrêmement bien documenté sur les grands bouleversements de ce siècle à travers les continents. 

On traverse le 19ème siècle et on traverse l'océan et aussi l'Amérique ! On se perds dans les bas fond de Londres, on s'inquiète et on frémit dans la jungle Birmane... On navigue, on galope, on se repose peu, on s'inquiète, on se tourmente et parfois on semble trouver la paix en lisant et en écrivant ...

Quand elle eut terminé son petit déjeuner (Alexandra Desmond), leur conversation reprit comme si la nuit n'avait pas passé.

- Je ne crois pas au fond que nous ayons lu trop de livres. Seulement que nous sommes entourés de gens qui n'en ont pas lu assez, aussi incultes que cette terre. Si nous avons été naïfs, c'était en croyant des hommes d'affaires, plus qu'à nos idées. S'il y avait quelque part un autee endroit où je pourrais être une femme libre, de lire ou d'écrire des livres, de participer à la vie politique, d'enseigner ce que je crois et de prendre la parole quand bon me semble et des choisir les hommes avec qui je veux vivre, alors je partirais." 

On rencontre des personnages, des communautés, on visite des lieux toujours plus à l'ouest, on emprunte mille moyens de locomotions et on chevauche solitaire les grands espaces américains à la recherche d'une terre vierge et riche ! 


Arthur Bowman m'a d'emblée charmé, avec ses cicatrices, ses traumatismes. Il ira jusqu'au bout de lui-même, il se métamorphosera en un autre, plus humain assurément !

Merci Antonin Varrene de m'avoir littéralement embarqué avec vos Trois mille chevaux vapeur ! A la conquête de l'ouest et même bien davantage, à la reconquête d'un homme.

@Didicace 3 avril 2016 QDP



Je ne peux que vous conseiller fortement cette lecture grisante,
cette chevauchée fantastique à côté d'un homme ayant traversé 
mille tempêtes et tornades pour trouver peut-être, enfin, la paix... 

@Didi - Bounty en paix :-)